Star Wars : le Mythe et la Magie

Commençons déjà par une citation de Georges. L’autre.

“Quand ils sont tout neufs, qu’ils sortent de l’œuf, du cocon,
tous les jeunes blancs-becs, prennent les vieux mecs pour des cons,
quand ils sont d’venus des têtes chenues, des grisons,
tous les vieux fourneaux prennent les jeunots pour des cons.
Moi, qui balance entre deux âges, j’leur adresse à tous un message…
Le temps ne fait rien à l’affaire…”


Épisode I – La Menace Fantoche

Il m’aura fallu plusieurs semaines pour trouver comment aborder ce papier. Je dois vous avouer que si je l’avais écrit juste après avoir vu Les Derniers Jedi, le vocabulaire aurait été trop fleuri, le ton fort cynique et le discours très emporté. Pour rester poli, j’ai détesté ce Star Wars VIII. Viscéralement. Pour tout ce qu’il est. En tant que nouvelle itération de la saga, mais aussi en tant que film. Je l’ai détesté pour chacun de ses choix. Sans exception. Comprenez-moi… Star Wars est un univers fantastique, un immense ensemble aux ramifications denses, dont les films représentent les parties émergées. Bien souvent ils ont soulevé de nombreuse déceptions, mais jamais autant que cette fois. Car jusqu’ici, même en étant maladroits ou balourds, ils participaient à la construction d’une même mythologie où tout ou presque s’imbriquait parfaitement. Cause, effets, conséquences. Amorce, exposition, élément perturbateur, révélation… Mais tout a changé.

Beaucoup d’encre a coulé. Des avis partout. Des fans, des critiques, de votre pote, de votre sœur, de votre oncle, de votre collègue, de Mark Hamill lui-même : “Je suis virtuellement en désaccord avec chacun des choix qui ont été faits pour mon personnage”. Tout a été dit. Du côté clair au côté obscur, côté cour et côté jardin. Mais l’idée n’est pas ici de dresser une énième critique de cet épisode VIII si clivant. À quoi bon ? Non. Ce qui m’intéresse ici, c’est plus de proposer une réflexion sur ces hordes de fans trentenaires ou plus qui, se sentant dépossédés de leur doudou étoilé, se sont levés pour crier leur colère, parfois déplacée, mais compréhensible. Sans oublier sur ces adorateurs au regard bovin qui gobent les fonds verts et les spectacles formatés dépourvus de toute substance, avec l’huile de leur pop-corn qui leur suinte sur les doigts. Entre eux, la guerre, totale, sidérale et sidérante. Et au milieu, un bien beau ratage. Celui d’un Empire méprisant et autoritaire qui préfère la forme au fond, agitant un torchon de space opera sans âme aux relents de social justice sur son majeur bien tendu.


Épisode II – L’Attaque des Clowns

Par où commencer ? Ah oui. Par un peu d’histoire. Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine. On connaît la chanson. La fanfare. Les lettres jaunes et ce texte déroutant… Star Wars. Épisode IV…


“Épisode IV ? Mince, on a raté les trois premiers ?
– Mais tais-toi voyons, j’arrive pas à suivre. Ils vont l’expliquer… T’as qu’à lire…
– Oui mais…
– Chhhht !”


Pour le spectateur moyen, les seventies, c’est Flash Gordon et une électro approximative qui vient donner un peu de voix au milieu des accords disco ou du rock sans roll émergeant d’Angleterre. Au ciné, c’est des films avec des effets pas vraiment spéciaux. Le monde, le vrai, se vautre lui dans la guerre du Vietnam, puis se fige dans la Froide. Juste après le Nouvel Hollywood, son engagement politique et son affranchissement des majors, une bande de barbus nourris à Wells, Clarke, Bradbury ou Asimov se réunit et rêve d’une autre science-fiction. Plus pulp. Aux frontières du western à papa, des philosophies new age importées d’Asie, ou de l’héroïsme chevaleresque du roman médiéval, avec ses princesses et ses sorciers. Un genre en vogue à cette époque sur les campus américains, grâce à des p’tits gars inspirés comme messieurs Tolkien avec sa Terre du Milieu, ou Gygax, qui sort alors son premier jeu avec des donjons et des dragons. Une conjonction des astres en somme… Un alignement de planètes… Et je vous ferai pas quarante métaphores de plus sur l’espace juste parce qu’on parle de Star Wars. Vous avez l’idée.

Entre ici George Lucas, toi et ton cortège céleste ! En digérant dans un grand tout cosmique les théories du Monomythe de Joseph Campbell, Georgie accouche d’un nouveau monde. Une œuvre maîtresse qui transcende depuis quarante ans chaque génération. Une œuvre centrale au panthéon de la pop culture. Star Wars. Musique classique en avant, effets spéciaux révolutionnaires, liberté de production et merchandising à tout-va. Depuis la fin des années 70, la tête de beaucoup d’entre nous est tournée vers les étoiles.


“Merde, le grand singe il a pas eu de médaille !
– Non c’est vrai. C’était quoi son nom déjà ? Chiktaba ? Bwouaaaaaaah ! En tous cas ils ont eu de la chance les Rebelles.
– Et qu’est-ce qu’il est sexy Yann Solo !
– Et la Princesse ! Et tu penses à ce pauvre Luc… Il a perdu son Maître à cause du grand samouraï noir là… Dark machin…
– Vador. C’était génial.
– Je t’aime.

– Je sais.”


En 1980, belote, et en 83, rebelote. Les Rebelles sont acculés. La neige. Un Taun-Taun. Un Yéti. Un fantôme. Des quadripodes. Des snowspeeders. Des câbles. Un marécage. Un vieux maître. La Force. Le dépassement. Pas d’essais. La peur. Une cité dans les nuages. Une trahison. La fonderie. Un chasseur de primes trop classe. La carbonite. L’émerveillement cinématographique de mon enfance. En quarante ans de Star Wars, jamais mieux que le frisson de cette scène là. Le bleu, le rouge. la fumée qui s’élève. Trois marches éclairées de pourpre. Une vue en légère contre-plongée. Le silence. Une respiration. La voix de James Earl Jones qui résonne : “The Force is with you young Skywalker, but you’re not a Jedi yet”. Puis une silhouette. Angoissante. Menaçante. Un sabre. Bleu. Un autre. Rouge. Une pose, à jamais sur ma rétine. Un combat. Le bien contre le mal… Quoi ? C’est son père !?

Puis un désert. Une limace. Une grotte. Han. Chewie. Lando. Les droïdes. Leïa ! Un cratère. Une épée laser verte. Leïa encore, mais sapée comme jamais. Une autre station spatiale démesurée. L’Empereur. Yoda. Sa sœur elle est. Une forêt. Des Speeders. Des Ewoks. Des salopards de Rebelles. Un escalier de fer. Un ascenseur. C’est un piège ! Des gardes rouges. La tentation. La salle du trône. Cette musique… Le sentiment du dépassement total. La fin de tout. La colère. La maîtrise. Le doute. Le retour. Celui du Jedi. Depuis le début, c’était son père le héros.


“J’ai lu qu’en fait il veulent en faire 9 !
– 9 ? Mais c’est fini là ! L’Empereur est mort…
– En fait ils veulent en faire trois avant, et trois après.
– Ah, mais c’est pour ça qu’il y avait écrit Épisode 4 sur le premier !
– Ah mais oui ! Bien vu ! Tu crois qu’ils y avaient pensé dès le début ?
– Il paraît oui. Tu penses qu’il va se passer quoi après ?
– Je sais pas moi, mais y’a des romans qui sont sortis, je vais lire tout ça !
– Des romans ?
– Mais oui. Et des BD aussi ! J’aimerais trop m’acheter une maquette du Faucon Millénium, mais ça coûte au moins 300 francs !
– Et on n’a pas la place avec la chambre d’amis qui saute. Il me tarde de savoir ce qu’il va arriver à Luke…”


Épisode III – La Revanche des Sites

C’est l’âge d’or des fans. Les auteurs sont aussi nombreux que les lecteurs. L’univers de Star Wars s’étend. En livres, en BD, en jeux-vidéo, en jeux de société…

  • Le retour de l’Empereur. En clone.
  • Luke qui passe du côté obscur.
  • Les enfants de Han et Leïa.
  • Le re-retour de l’Empereur. En clone.
  • Des histoires du passé, du temps de Vador et de l’Empire.
  • Le sacrifice de Chewbacca pour sauver Anakin Solo.
  • Mara Jade.
  • Le grand amiral Thrawn.
  • Le re-re-retour de l’Empereur. En clone !
  • La machine à absorber les soleils.
  • L’Académie des Jedi.
  • Les Yuuzhan Vong.
  • Le re-re-re-retour de l’Empereur. Encore !?

On aura tout eu. Tout vu. Tout lu. C’est même un peu parti dans tous les sens, avec dedans, à boire et à manger. Mais au milieu quelques perles, souvent signées James Luceno sur papier, ou Lucas Arts et BioWare en pixels. Puis les effets spéciaux numériques. Terminator 2 en 92, avec son T-1000 en métal liquide qui subjugue les teenagers. Jurassic Park en 93, avec ses dinosaures plus vrais que nature qui font rêver les familles. La galaxie Star Wars brille toujours, mais d’une lueur plus distante, blafarde. L’univers s’est élargi. Il est en expansion perpétuelle. Pour la nouvelle génération, Star Wars, c’est ok. C’est un peu vieillot, mais papa aime bien, et nous, on aime bien le voir avec lui. Et puis George avait dit non. Mais George a fait oui. Il y aura une nouvelle trilogie. Il s’agira de l’avant. Le comment et le pourquoi. Mais pour chauffer cette nouvelle génération qui regarde la vieille trilogie comme une gloire du passé, pour attiser l’intérêt des anciens partis se réchauffer à une autre soleil, il y aura d’abord l’Édition Spéciale, et ses rajouts. Puis les débuts du net…


“C’est étrange quand même. Il y a des trucs cools en plus, mais dès fois, ça se mélange mal au reste…
– Moi dans mon souvenir c’était Han qui tirait le premier…
– Ben oui, et puis regarde, les coiffures ont pas changé. Et ça jure aujourd’hui.
– Quitte à re-sortir des films, ils auraient mieux fait de faire la suite…
– Oui surtout que les acteurs sont encore jeunes, ça pourrait le faire.
– Ce sera sur quoi les nouveaux d’ailleurs ?
– Comment Vador est devenu Vador.
– Ah. Et comment ?
– Ben on verra bien.”


Épisode IV – Un Nouvel Espoir ?

Je dois être honnête avec vous. J’ai beaucoup de critiques à faire à la prélogie. Les acteurs sont parfois en roue libre, la mise en scène est patachonne, les dialogues peu inspirés –« Je n’aime pas le sable, il est grossier, agressif, irritant. Il s’insinue partout. »– et certains choix, très discutables : « Missa pas compris ». Missa ferme bien bien ta gueule oui surtout. Mais malgré tout, y flottent quelques moments de grâce. À commencer par un nouveau thème, Duel of the Fates, qui se hisse directement sur le podium Star Wars de John Williams, avec la Fanfare et la Marche Impériale. Et puis la prélogie, c’est aussi un sous-texte quand même bien foutu. Dans une Amérique meurtrie, gouvernée par le dernier héritier de la dynastie Bush, Lucas modernise son pamphlet politique anti-Nixon et montre comment ses fascistes de l’espace arrivent au pouvoir. Le tour de force de la prélogie, ce n’est au final pas tant ce qu’il se passe à l’écran, quelques scènes d’anthologie mises à part, que ce qu’elle raconte en creux. Pas de coup d’état. Pas de tanks dans la capitale. L’Empire n’a jamais envahi les territoires de la République. C’est la République qui est devenue l’Empire. Sous les applaudissements. Il aura suffit d’un politicien habile. De fabriquer, puis de montrer du doigt un ennemi. De créer la peur, de réduire les libertés. D’entrer en guerre. De déclarer l’état d’urgence. D’obtenir plus de pouvoir. D’avancer ses derniers pions. « Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. » Mais avouez que ça résonne sec le « Oh putain ! » et qu’on sent encore le retour de l’élastique bien sur le coin de la pommette…

Donc oui, Christensen n’est pas génial avec son air bougon d’enfant qui racle les pieds par terre. Oui, l’histoire d’amour sonne creux (mais on dit rien, parce que de un, y’a Natalie, et de deux, parce que le Love Theme, Across the Stars est somptueux, empreint d’un fatalisme inéluctable où l’on découvre déjà les premières mesures du Battle of Heroes). Oui, Jar Jar est aussi insupportable qu’Anakin enfant. Oui Ian McDiarmid surjoue tout et tient son sabre comme un gros manche. Oui la scène de pique-nique dans les prés semble tout droit sorti d’un épisode raté de la famille Ingalls. Oui, Yoda se bat de manière un peu chelou. Oui, c’est pas évident quand on ne suit que d’un oeil, toutes ces intrigues politiques. Oui LE combat final est filmé de trop près et on voit rien avec les lumières des sabres et les éruptions de lave. Oui, la décroissance esthétique pour coller avec la trilogie originale se fait en un quart d’heure à la fin en mode « Oh merde, on avait zappé qu’il fallait saloper le bordel ! » Oui, le revirement de Vador se fait en cinq secondes et perd tout crédit. « Noooooooooon ! Elle est où ma meuf !? » Oui, oui, oui ! Oui à tout.

Mais quelles chorégraphies ! Quelles planètes différentes et inventives ! Quelle brillance dans l’évolution des décors, des vaisseaux, la représentation de cultures diverses… Et surtout, quelle ambition. Quel projet ! C’EST NOTRE PROJET ! Un projet qui, au fond, est réussi. Un arc scénaristique qui débute dans l’Épisode I, se poursuit dans l’Épisode II, et s’achève dans l’Épisode III. Une trilogie, forte de montées en puissance et de ventres mous, qui aura attiré contre elle tellement de haters et suscité tant de mème À raison bien souvent. Moi aussi j’aurais aimé une autre explication pour Vador et un Anakin différent, tiraillé entre l’idéologie et l’éthique. Mais une trilogie qui remplit, ne vous déplaise, son objectif : expliquer la naissance de l’Empire et de Vador.


“Alors c’était comment ?
– Un peu facile… mais il a adoré.
– C’est pas ton fils pour rien !
– C’est pas faux. C’est bien fait hein, mais je sais pas… Anakin par exemple, j’arrive pas à m’y faire. A un moment il dénonce l’Empereur aux Jedi…
– À Yoda ?
– Non, il mène des troupes sur la planète de Chewbacca. À Windu.
– Samuel L. Jackson ?
– Oui. Et d’autres… Et bien la seconde d’après, il s’agenouille devant l’Empereur…
– Comme ça ? Mais pourquoi ?
– Ben c’est ça… Quand je te disais que Lucas aurait mieux fait d’écrire l’histoire, mais de laisser à d’autres le soin de réaliser, comme sur la première trilogie… T’imagines, un Peter Jackson ou un James Cameron ?
– Ou un David Fincher !
– Ou un David Fincher…”


Épisode V – L’Empire Contre-Attaque

George a rendu sa copie. Elle n’aura pas satisfait tout le monde. « Élève appliqué mais têtu. Refuse d’être aidé. N’écoute pas assez ses petits camarades ». Mais ça n’arrête pas la marée. Comme la première fois, le vrombissement des sabres-lasers résonne à la bouche dans les cours de récré. Les nouveaux héros s’appellent désormais Anakin, Padmé, Obi-Wan ou Mace Windu. Les clones et leurs vaisseaux font les beaux jours de Lego, Kenner, Mattel ou Hasbro. À nouveau, l’univers étendu -tout ce qui n’est pas les films mais qui raconte des histoires estampillées Star Wars- s’est abreuvé de ce nouveau terreau, comics et dessins animés en tête. La Guerre des Clones, mentionnée de manière lapidaire et cryptique par un Alec Guinness pas vraiment convaincu lui-même dans le premier Star Wars, devient un nouvel arc de l’épopée.

Un arc riche, qui développe les personnages des films, les étoffe, leur donne plus de cœur, plus de consistance. Les films eux-mêmes sortent en DVD et en Blu-ray. Les curieux découvrent alors les scènes coupées, jamais incluses dans le montage. Tout s’éclaire alors. Les débuts de la Rébellion, les doutes d’Amidala. Les faux pas d’Anakin. La tentation, la colère, l’autorité. La rage. Tout y est. Le fan éclairé peut combler les vides laissés par deux heures de bobine dans une salle obscure qui répond à ses propres impératifs artistiques et commerciaux : « Il y aura toujours des histoires sur Star Wars, mais les films eux, racontent la destinée de la famille Skywalker » expliquait pendant les promos Kathleen Kennedy, la padawan de George, à la tête de LucasFilm, la société de production du maître. Mais George lui justement, il est fatigué de tout ça. Alors George, tout d’un coup, il s’agenouille devant l’Empereur. Pour quatre milliards. Lucasfilm et Star Wars changent de propriétaire… « Nooooooooooon ! Il est où mon Star Wars ? »


“Oh ! T’as vu que George Lucas vendait Star Wars à Disney !?
– Oui.
– Et ? Tu es bien mystérieux…
– Pardon. J’étais en train de me rappeler le nombre de fois où je m’étais dit que si Lucas lâchait un peu de lest, on aurait plus de Jar Jar ou de conneries comme ça…
– Papa il a dit ‘connerie’ !
– Oui Papa il a dit ‘connerie’. Papa c’est pas un Jedi !
– Peut-être qu’ils feront un film réalisé par Cameron ou Fincher…
– Oui. On on en avait parlé. On verra peut-être enfin des réalisateurs reprendre le flambeau et proposer des scénar’ plus ambitieux…
– Comme on en rêvait, si tu te souviens… Je verrais bien un Nolan s’y coller aujourd’hui…
– On verra bien…”


Épisode VI – Le Retour du ‘je die’

La première action de l’Empire, ce fut la grande purge. LucasArts, la branche jeu vidéo de Georgie, a été désintégrée en plein vol. Puis ce fut au tour de l’univers étendu. Quarante ans d’histoires, quarante ans de labeur et de sueur, quarante ans jetés dans le compacteur à ordures. Depuis le rachat, il y a les Patriciens, et les Affranchis. Tout ce qui n’est pas issu de la maison mère, tout ce qui datait d’avant, n’est plus officiel, et sous le joug de la garde prétorienne. Toutes ces histoires portent désormais une marque gravée sur la couenne : le mot « Legends » en apposition. Tout ce qui sort aux bonnes couleurs et bien rasé, l’histoire officielle, c’est le « Canon ». Comme les textes sacrés. Les écrits apocryphes au rebus.

Disney s’impose d’emblée comme un physio à l’entrée du club de l’étoile. Toi tu rentres, toi tu rentres pas. Et pour être clair, à l’intérieur, au début, ils étaient que huit. Six films et deux séries télé, Clone Wars et Rebels. Pas de quoi faire une chenille et faire péter les confettis. D’autant plus que pour les habitués d’hier, faire la queue dans le froid de l’espace quand on a encore une boutanche à l’intérieur, ça fait mauvais genre. Mais comme partout, il y a eu des passe-droits. Un petit groupe de bonnes idées ce sont vite fait trouvées un costard et des mocassins brillants. Thrawn, Dark Maul, Dark Bane et même ce cher Dark Plagueis -pas forcément les plus boute-en-train, il faut en convenir-, du beau monde en somme, réintégré ni vu ni connu j’t’embrouille dans le coin VIP par l’entrée des sévices.

Et puis les annonces. On ferme un mois. On va faire des travaux. Abonnez-vous à notre page Facebook pour être tenus au courant des soirées à thème ! Pour le clampin moyen, c’est pas trop dans les habitudes. Quand t’aimes bien t’en jeter un p’tit le samedi soir avant d’aller guincher sous les boules à facettes, t’es pas forcément hyper à l’aise sur du Nicki Minaj. Malgré son pantalon brillant, tu fais encore la diff’. Mais t’as pas trop le choix. T’es toujours venu là. Même ton gamin il a pris sa première berle ici. Du coup, tu fais comme les autres. Tu t’abonnes à la page, au compte, au profil, tu likes, tu follows, tu loves, tu shares et tu mates la story. Et puis t’attends. Et puis la nouvelle carte est dévoilée. Tu te fais beau. T’enfiles ton plus beau costume. Tu te dis que tu connais tes limites.

2015 : Épisode 7. 2016 : Star Wars Story 1. 2017 : Épisode 8. 2018 : Star Wars Story 2. 2019 : Épisode 9. 2020 : Star Wars Story 3. 2021 : Épisode 10. 2022 : Trilogie par le réal du 8, Partie 1. 2023 : Épisode 11. 2024 : Trilogie par le réal du 8, Partie 2. 2025 : Épisode 12. 2026 : Trilogie par le réal du 8, Partie 3. 2027 : Trilogie des mecs de Game of Thrones, Partie 1. 2028, Star Wars Story 4. 2029 : Trilooouh là… ça… ça c’est papapas des flims là… LALA LALA, LALA LALA LALA. Pardon. c’est pas des pas des flims c’est une séritélé ça ! çatour-hips-ne un peu dans danma têtêtête. çarrive quand quant’en prends trop…trop trop vite. et pis lémélé lé… Je sais ce que j’veudire ! les mélé léméLANges ! lémélanchgej, c’est jamais bon… j’me… sens p as trè s bien moa.


“Ouh là. On s’est bien amusé à ce que je vois.
– Doucement. Dou-ce-ment. Et pas si fort s’il-te-plaît.
– Alors tu me racontes ?
– PAPA ! PAPA ! TU M’AIDES A FAIRE MON LEGO X-WING ?
– …
– Chht, mon chéri, Papa a mal à la tête. Il a cru qu’il avait encore 20 ans et il vient de comprendre qu’il ne les a plus.
– Moque-toi tiens.
– Je me moque pas, je m’amuse.
– Chacun son tour. On verra quand ils feront le remake de Dirty Dancing !
– Ils font une série télé.
– C’est pire.
– Bon alors ?
– Bah ils vont faire ça de manière industrielle. Comme les Marvel.
– T’as peur de quoi ? Que ça ne s’adresse plus qu’aux enfants ?
– Non. Que ce soit formaté. Jamais complètement mauvais, mais jamais génial non plus. Tu sais qui réalise le premier ?
– Oui j’ai vu. Le mec de Lost.
– Oui et de Super 8. Tu te rends compte. C’est le mec qui a réalisé le dernier Star Trek ! C’est la fin du grand schisme de la science-fiction !
– T’es con. Et il était bien le Star Trek ?
– Il était OK. En tout cas, quand tu connais pas Star Trek plus que ça, c’est pas mal. Pas mal, pas con, et bien fait.
– Du coup, c’est des bonnes nouvelles !
– On verra.”


(To be continued…)

Retrouvez la suite de l’article d’ici peu sur le Poulpe, dans « Star Wars : Épisode VII – Le Pareil en Amorce ».

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Une réflexion au sujet de « Star Wars : le Mythe et la Magie »

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