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Don’t Starve: Shipwrecked : le jeu qui me fait aimer la mer

Depuis la sortie du DLC Shipwrecked, je rejoue à Don’t Starve. Je ponce des îles générées aléatoirement à chaque partie en quête d’un El Dorado de ressources naturelles pour y installer mon camp de base. Dans la lignée des jeux de survie, c’est le moins prétentieux de ceux que j’ai pu essayer et c’est celui qui a le plus d’identité artistique. Les graphismes imitations sketches griffonnés aux Crayolas sur papier Canson donnent du cachet au décorum Crusoé monté par les développeurs. Des faux airs de cartoon Arte qui cachent un jeu bien plus dur qu’il n’y paraît. Comme le nom l’indique, il s’agit de ne pas mourir de faim mais plus largement, il s’agit de ne pas mourir tout court. Et croyez-moi sur parole, dans Don’t Starve, le monde veut votre peau. Je suis mort une quantité incroyable de fois de la plus ridicule des façons. Parce que j’avais pas emporté de torche avec moi et que je me suis laissé surprendre par la nuit. Parce que j’ai pas prévu assez de jerky beef pour casser la croûte lors d’une expédition nautique un peu trop ambitieuse. Parce qu’un cochon-garou m’a meulé la gueule un soir de pleine lune. Je suis mort une bonne cinquantaine de fois et chaque mort m’a appris un élément de gameplay qui m’a permis de survivre un peu plus longtemps à la partie suivante.

« Don’t Starve est une saloperie qui invente sans cesse de nouvelles façons de me niquer en traître »

Mais quel est le but de ce jeu de merde si on finit nécessairement sur un game over définitif ? N’est-il pas rageant d’assister impuissant à l’anéantissement de dizaines d’heures de jeu suite à une erreur de gros noob ? Si, parfaitement. Mais de cette rage nait l’envie de niquer le game. L’envie de reprendre à zéro et de repousser un peu plus loin encore le compteur des jours passés à amasser des daubes diverses et variées aux quatre coins de la carte pour se forger une forteresse qui se veut chaque fois un peu plus élaborée que la précédente. Ce compteur de jours est ma motivation, mon moteur. À la fois mon dieu et mon rival. Le temps passe trop vite pour me préparer correctement aux dangers qui m’attendent à chaque changement de saison et trop lentement pour facilement goûter à la satisfaction d’avoir pété mon score personnel. Et chaque saison apporte son lot de nouvelles saloperies dont le seul et unique but est de me nuire au maximum. La pluie, le vent, la neige, la chaleur. Toutes ces nuisances se suivent et se répètent par cycles d’une vingtaine de jours. Et chaque fois, il faut crafter les bons objets pour s’en prémunir et éviter une mort certaine, synonyme d’un énième reset de la partie. Don’t Starve est une saloperie qui invente sans cesse de nouvelles façons de me niquer en traître. Et chaque nouveau coup de pute nourrit un peu plus mon envie de lui faire mâcher ses couilles. Comment ? Où est la victoire si le but est simplement de survire le plus longtemps possible ? Et bien dans l’atteinte de l’équilibre parfait. Le montage d’un environnement totalement maîtrisé et auto-suffisant. En somme, dans le domptage des éléments par la technique. Dans l’apport de la civilisation sur la nature hostile.

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Pour y parvenir, je collecte des branchages et des silex. Je bricole une hache et une pioche. Ces outils me serviront à récolter des pierres et du bois. Une fois les ressources de base acquises, je consulte les différents onglets de craft et explore au fil de mes trouvailles l’ensemble des recettes. Certaines demandent des composants rares dont j’ignore l’existence. Où les choper ? Je n’en ai pas la moindre putain d’idée. Mes pérégrinations hasardeuses sur la carte m’apporteront sans doute une réponse un peu plus tard. Pour le moment, je monte un rafiot avec des bambous péniblement glanés après une bataille contre une poignée de serpents putassiers. Je me prend une douille en tentant de pêcher la méduse pour voir si l’animal est intéressant d’un point de vue nutritif. Je fabrique une marmite et pars à l’aveugle sur des expériences culinaires avec ce que j’ai sous la main dans le but de mettre au point le plat parfait. Mes tentatives aboutissent sur des résultats aussi surprenants qu’inspirés tels que des seafood gombos, des meatballs qui vont bien et autres confiotes caribéennes.

« Je découvre piteux que je ne pèse pas du tout dans le bagarre jeu »

Je m’aperçois également à mon grand désarroi que mon personnage est une quiche en combat rapproché. La moindre poiscaille un peu vénère me met à l’amende sans aucun problème et ma fugace tentative de dominer un homme-porc rencontré par hasard sur une plage de sable fin se traduit par une fuite minable à travers les bois. Je découvre piteux que je ne pèse pas du tout dans le bagarre jeu.

Pire, au cours d’une de mes expéditions sur un bout de terre inconnu, des singes me jettent contre toute attente leurs merdes au visage puis se tirent en ricanant dans une cahute en torchis. C’en est trop pour moi. Je matraque l’habitation simiesque à la massue afin de déloger ces fils de pute et de leur percer le bide avec ma lance fraîchement fabriquée. Leur bicoque abattue, je parviens péniblement à en avoiner un qui résiste pourtant à mes furieux assauts et se tire pour mieux m’humilier en me projetant derechef un étron au visage. Je me roule en boule dans un coin de ma chambre et pleure un instant. Ces primates sont trop forts pour moi. Je comprends et accepte leur supériorité. Je choisi donc de m’installer un moment parmi eux et devient le sujet consentant de leurs fécales moqueries. Je suis leur bitch l’espace de quelques minutes avant de retrouver la raison, l’esprit rafraîchi par une soudaine averse.

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Plusieurs jours ont passé et je dispose maintenant d’une embarcation digne de ce nom. Une coque en dur, un mat et une voile en peau de serpent. À peine ai-je vaincu quelques vagues qu’une raie-putois volante me pue déjà dessus. Je suis empoisonné. Ma vie chute à une vitesse alarmante et me voilà désemparé, au milieu des flots. Il me faut trouver la terre au plus vite. J’atteins péniblement un rivage salvateur et parvient à me concocter un antidote avec des algues, du corail et une glande à venin. Me voici hors de danger pour quelques temps. Ma nouvelle île regorge de fleurs et de patates douces que je m’empresse de faire cuire afin de taire ma fringale avancée. Une étrange forêt attise ma curiosité et s’avère rapidement servir de refuge à une armée d’araignées que je cogne sans sommation. Des alliés sortent des nids pour porter secours à leur malheureux congénères. Mon armure en coquilles saint-jacques est sévèrement mise à mal et je reçois de plein fouet une série de mauvais coups. Paniqué, je tente de fuir mais c’est trop tard. Je comprends que mon heure est arrivée et une part de moi se sent presque libérée à l’idée d’en finir. J’aurais bien tenu. Je termine ma vie seul, comme un con, violenté par un groupe d’arachnides.

Mais déjà j’imagine la prochaine carte et peut-être un point de départ propice à mes nouveaux projets de survie. J’ai des tas d’idées sur comment aborder mon futur périple et j’ai débloqué un nouveau personnage. Nouvelle partie. Jour 1. Je me réveille naufragé sur une île déserte au milieu des débris de ma défunte embarcation.

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2 thoughts on “Don’t Starve: Shipwrecked : le jeu qui me fait aimer la mer

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